Diane
RAUSCHER-KENNEDY

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Diane Rauscher-Kennedy, une artiste atypique au grand cœur.

Il serait aisé de présenter Diane Rauscher-Kennedy si on s’en tenait à une critique de son œuvre. Les toiles sont là, nombreuses, immenses, abstraites. On aurait de quoi dire sur la technique, sur le choix des couleurs, les rouge, orangée, brun, noir, sur le graphisme, les perspectives. On serait amené à faire référence à tant et tant d’années de travail, de recherches auprès d’un maître illustre. Et pourtant Il n’en est rien.

Diane Rauscher-Kennedy est venue à la peinture il y a peu. Presque par devoir, et finalement par évidence. La vie si douce, si privilégiée jusqu’alors s’est soudainement assombrie. Résignée à vivre seule, l’Anglo-américaine de nationalité française a dû faire face. C’est la peinture qui l’aide à maintenir la tête hors de l’eau. Et aujourd’hui une maladie ankylosante tenterait d’imposer à son corps de ne pouvoir maîtriser le geste. L’artiste mène son combat au quotidien, sans pour autant oublier ce qui l’entoure. Sa façon à elle de s’en sortir passe aussi par le bénévolat, trouvant toujours des gens plus nécessiteux qu’elle « Cela vient de mon éducation anglo-saxonne, on nous a appris de toujours tendre la main vers les autres. Je le prends comme un devoir » glisse-t-elle dans un accent outre-atlantique délicieux. Avec son envie incessante de faire plaisir et son goût pour ce qui est beau, Diane assure bénévolement la programmation des expositions de l’espace restauration des Galeries Lafayette. On la trouve toujours en quête de nouveaux talents, de jeunes artistes à qui elle tente de mettre le pied à l’étrier. Et les spectacles haut en couleur qu’elle organise dans cet espace original reçoivent tout de même 500 visiteurs par jour.

Sans faire trop de bruit, par simple bouche à oreille, le talent de la néo-française s’expose de cimaises en cimaises. Il n’est pas rare non plus qu’une toile soit offerte pour la bonne cause, ou pour une ONG. C’est à coups de pinceau qu’elle traduit ce que contient son cœur. L’objectif est simple : Diane Rauscher-Kennedy essaie que chaque jour qui passe soit meilleur que la veille et moins bien que le lendemain.

Pascale Lajous - Midi Libre



Née en Angleterre d’un père américain et d’une mère britannique, elle revendique sa nationalité de citoyenne française et se dit fière de l’être. Arrivée en France à l’âge de 17 ans, elle s’oriente vers des études de médecine couronnées quelques dix années plus tard par une thèse de pédopsychiatrie sur le thème de « l’intelligence émotionnelle ». Toutefois elle n’exercera jamais son métier de médecin, accordant tout son temps à l’éducation de ses deux enfants.

Souffrant d’une maladie orpheline très invalidante et évolutive siégeant tout particulièrement au niveau de ses mains, constituant ainsi un véritable handicap, elle confie qu’elle a appris à vivre avec la maladie et qu’elle est parvenue, à force de se battre, à « dompter la bête » selon ses propres termes. Son esprit très positif lui fait reconnaître que la maladie lui a apporté beaucoup de choses qu’elle n’aurait pas connues et faites si elle avait été en bonne santé.

L’artiste digne d’admiration que j’ai l’insigne honneur d’accueillir n’est venue à la peinture que depuis trois années, relevant un défi lancé par son fils qui osa lui demander de peindre un tableau alors qu’elle n’avait jamais tenu un pinceau entre ses doigts. Ce moment fut pour elle une véritable révélation qui a transformé son existence.
Se reconnaissant particulièrement à l’aise , elle avoue avoir « pris son pied » se découvrant des talents qui lui étaient totalement inconnus et se sentant particulièrement bien dans sa tête et dans son corps douloureux tandis qu’elle couchait la couleur sur le tissu.
Faisant preuve d’un caractère d’exception, elle torture ses doigts pour qu’ils répondent à ses sollicitations, elle les oblige à récupérer une amplitude qui petit à petit leur faisait défaut alors qu’elle voulait donner du mouvement à son sujet. A force de volonté, elle a, toute seule, reconquis son autonomie pour donner libre cours à son imagination créatrice, se félicitant de multiples victoires sur elle-même alors qu’elle était parfois tentée de lâcher prise.



Ressentant peu d’attrait pour la peinture figurative, Diane a délibérément choisi la peinture abstraite contemporaine. Un journaliste a écrit au sujet de son art qu’il constituait un « festival de couleurs qui vient du cœur » mais elle précise qu’elle s’exprime surtout à travers le rouge, l’orange et le noir, donnant sa préférence à l’acrylique plutôt qu’à l’huile parce qu’elle sèche rapidement et qu’elle n’éprouve jamais le besoin de revenir sur un tableau.
Mûrissant dans sa tête ses projets de création, pour certains pendant plusieurs semaines , elle n’a généralement besoin que d’une journée pour concrétiser les fruits de son inspiration, reconnaissant une prédilection pour les toiles de grand format.

Transcendant sa souffrance physique permanente dans son art, elle reconnaît qu’ « elle a l’impression de manquer d’air quand elle est dans l’impossibilité de peindre tous les jours ».

Artiste foncièrement modeste, Diane considère que sa peinture n’est rien d’autre qu’un hobby et que dès lors, le produit de la vente de ses tableaux doit être consacré aux grandes causes humanitaires liées à l’enfant, aux enfants qui ne peuvent aspirer à l’égalité des chances. C’est pourquoi, elle s’investit désormais dans la promotion de jeunes artistes qui ne peuvent exposer leur talent et qu’elle soutient , conseille et encourage , car pour elle, la solidarité n’est et ne sera jamais un mot vide de sens.